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  • Saut en parachute

    Samedi 27 novembre 2004

    8h30
    Arrivée au Centre de Parachutisme Sportif de Vannes en compagnie de Chris et David.
    C’est la troisième tentative, les 2 fois précédentes les conditions météo ne nous ont pas permis de sauter.
    La secrétaire nous fait remplir les papiers, il semblerait que cette fois-ci soit la bonne.

    Un moniteur vient nous chercher pour nous enseigner la conduite à tenir pendant le saut.

    Nous allons sauter à 4 000 m d’altitude.
    Chute libre de 50s, puis à 1 500 m ouverture du parachute. Soit 2 500 m de descente à 180 km/h.
    Ensuite 5-6 min de descente sous voile et atterrissage sur les fesses.

    9h00
    Après avoir enfilé une combinaison digne des « Télétubbies », nous voilà partis vers la piste de décollage. L’avion, tout petit, s’arrête bientôt devant nous.

    Pensée-réflexe en voyant la hauteur de la marche : « Je ne vais jamais réussir à monter, c’est trop haut ». Une grande inspiration, je prends mon courage à 2 mains et pose bravement un pied sur le rebord. Oh surprise ! Mon corps se soulève sans effort, je monte sans aucune difficulté.

    Mais alors…je suis guérie ? Je suis guérie ! JE SUIS GUERIE !!!

    9h05
    J’échange un regard avec David lorsque l’avion met les gaz. Nous sommes en train de prendre conscience de notre folie…

    Le sol s’éloigne très rapidement.

    Nous traversons les nuages et soudain, c’est le ciel bleu, un soleil éblouissant et une mer moutonneuse en-dessous. Le souffle coupé nous contemplons ce paysage de rêve. Nous n’avons pas envie de redescendre.

    Mais les choses s’accélèrent. Les lunettes se rabattent sur les visages. Les parachutistes échangent avec nous le geste rituel avant le saut. La porte s’ouvre. Tout va très vite. C’est dans une minute. Dans une seconde. C’est maintenant.

    Me voici dans le vide, les jambes pliées sous l’avion. Seules mes sangles me retiennent à J-C assis au bord de l’avion. Je souris, je me dis « Enfin ! »

    Tout bascule. Je vois le ciel, les nuages, tout tournoie. Puis je retrouve mes repères. Les nuages en bas, le ciel si bleu, le soleil…

    Je ne ressens que le bonheur. Je ne pense à rien, je souris, je suis bien. J’ai l’éternité devant moi.

    J’avais imaginé la pression ,la vitesse, le bruit, les frottements, la peur…

    Rien de cela. Un souffle sur mon visage et un immense bonheur. Je suis bien. Il n’y a pas d’autres mots : je suis bien.

    Nous plongeons dans les nuages et soudain tout ralentit. Suspendus à la voile nous découvrons le paysage en-dessous de nous. Je prends les commandes de la voile et regarde de tous mes yeux. C’est joli, j’ai l’impression de me promener dans un manuel de géographie.

    Le sol se rapproche soudain très rapidement. Atterrissage sur les fesses…aïe aïe aïe !

    9h15

    J’ai le sentiment d’avoir accompli ma tâche.

    J’ai fait ce que j’avais à faire.

    Je tourne la page.

    Et je suis guérie.