27.07.2008

Mourir pour Cali ? (Pont du rock, suite)

Deuxième jour au Pont du Rock. Aujourd'hui c'est du lourd : Daniel Darc, Moriarty, Cali pour les têtes d'affiches.

Nous arrivons juste à temps pour Daniel Darc. Histoire de re-situer, si je vous dis "Chercher le garçon", Taxi girl ... c'est bon ? Maintenant vous avez la rengaine en tête pour au moins 3 jours. Il est sombre, Daniel Darc. Très sombre. On commence à déprimer. Par contre il a des tatouages impressionnants sur les bras !

Moriarty étant une des raisons qui m'ont poussée à venir, c'est avec plaisir que je vais les écouter. Petite déception à les entendre s'adresser au public en anglais, heureusement ils rectifient le tir très vite. Si j'ai du mal à "rentrer" dans le concert, je finis par m'éclater. Même leur reprise de "Fever" ne me déçoit pas. Quant à celle de Culture Club dont j'ai oublié le titre, chapeau bas : j'adore et je ne suis pas la seule.

Comme à Bobital je sympatise avec les mecs de derrière ... même génération, Culture Club leur parle directement.

En attendant Cali, nous écoutons le reste de loin et éclusons des verres d'un divin thé à la menthe. J'achète un cornet de churros, mais comme toujours un seul me suffira. Je viderai le paquet en distribuant les churros à tous les mecs bourrés que je croise, et ils sont super heureux d'éponger un peu ! Du coin de l'oreille, je découvre Popa Chubby avec grand plaisir.

Nous avons prévu d'être au pied de la scène pour Cali, nous prenons donc place 3/4h avant. Chouette, deuxième rang c'est pas mal. En attendant nous discutons avec les gens qui nous entourent. Il y a des enfants là devant, nous sommes donc confiants quant à l'ambiance et aux risques de bousculade : quel parent amènerait son enfant à un endroit dangereux ?

Enfin ça y est, les lumières s'allument. Ouch ! la foule se presse,m'oppresse, j'ai du mal à respirer. Ma cage thoracique est complètement comprimée par les côtés. J'envisage de sortir de là mais c'est trop tard. Cali arrive sur ses béquilles (il s'est fait parait-il un claquage), et les jette aussitôt. Je n'en verrai pas plus. J'entends vaguement le mégaphone, mais je ne vois plus que des épaules, des dos, je suis bousculée, étouffée, étranglée. Je n'ai plus que 2 idées en tête : ne pas tomber, et aspirer de l'air chaque fois que je le peux. Je pense à la chanson d'Edith Piaf, La foule, mais ça n'a rien d'agréable ni de drôle ou d'exaltant. Je suis ballotée dans tous les sens, je tends la main vers le ciel désespérément, et je pense que je vais mourir là-dedans. Je songe que le seul moyen d'en sortir est de me rapprocher des barrières de sécurité pour être sortie par les agents de sécurité. Mais comment diriger ses pas là-dedans ? Je désespère, je ne tiendrai pas une heure dans cette lutte.

Je sens une main agripper mon poignet. Je croise le regard de Nef, un regard que je ne lui ai jamais vu auparavant. Je respire. Nef est là, Nef va me sortir de là, Nef va me sauver.

De fait, Nef me sort de là. Nef est un homme, avec une poigne d'homme, une force d'homme, et surtout un comportement d'Homme. Merci Nef.

Nous reprenons place un peu plus en arrière, et nous voyons très bien. Nous entendons parfaitement. Finalement nous sommes beaucoup mieux à cet endroit. La joie revient, nous faisant oublier momentanément notre frayeur. Cali saute partout sur la scène, il court ... comme d'habitude, sauf qu'il fait tout cela sur un pied. Ce mec est épatant. La seule entorse qu'il fera à son habitude est qu'il évitera de se jeter dans la foule. Avec une jambe dans le sac, qui lui en voudrait ? On en a vu d'autres annuler un concert pour un coup de froid ... et bien Cali assure son show sur une seule jambe !

Il demandera aussi plusieurs fois aux rangs de devant de se calmer, de faire attention à la bousculade. C'est bien, mais aussi dommage qu'il soit obligé de fliquer un public trop stupide pour se modérer lui-même.

Après dispersion de la foule nous rejoignons nos petits camarades de tout-à-l'heure, qui ont réussi à rester en place en s'accrochant aux barrières. "Vous avez survécu ?" Ils n'ont rien vu de la 1ère 1/2 heure, ont souffert pendant toute la durée du concert. Ils n'ont pas apprécié. Heureusement que nous avons pu sortir de là, car nous n'aurons perdu finalement que 5 minutes, même si elles m'ont semblé une éternité.

Au final un super festival, malgré une vraie grosse émotion. J'ai bien cru que j'allais mourir pour Cali. Je ne me suis pas pesée, mais vu les litres de transpiration et les courbatures dans les jambes à force de sauter, j'ai perdu au moins 3 kilos ce weekend.

Je passerai sur les ecchymoses diverses et variées, souvenir de cette satanée bousculade ...

Commentaires

attends, t'as du te tromper... Nef un homme ? avec une poigne et une force d'homme ? nan, franchement j'y crois pas ! Ce serait comme prétendre que Renan Luce porte une écharpe pour éviter les coups de froid ! (ça y est, c'est dit)
ceci dit, j'ai désormais le plus grand respect et une grande admiration pour Cali.

Ecrit par : Thomas | 06.08.2008

Lol ! moi j'avais balancé personne hein ! j'avais pas dit que Renan Luce avait pris un coup de froid ... ;)

Ecrit par : Carole | 06.08.2008

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