26.09.2008
Thornytorinx
"J'ai toujours été une gentille sérieuse qui fait tout bien pour faire plaisir. J'ai toujours pensé que l'excellence me vaudrait la reconnaissance, voire l'amour universel. Je me suis trompée, parce que tout ce qui compte dans la vie, c'est de devenir qui l'on est. Ca ne sert à rien d'être une docile travailleuse, il vaut mieux apprendre à envoyer chier tout le monde. C'est comme ça que les imbéciles gagnent le respect des foules."
Camille de Peretti, Thornythorinx
J'ai eu le grand plaisir de découvrir cette auteure au détour d'une conversation sur le net.
Elle s'appelle Camille de Peretti, elle est boulimique-anorexique et nous raconte un bout de son histoire.
On est à des années-lumières de la révolte adolescente du Pavillon des enfants fous de Valérie Valère, que d'ailleurs je n'avais aimé que très moyennement.
Camille est une jeune femme intelligente, lucide, mature, qui nous raconte tout simplement sa vie avec beaucoup de peps. Pas de larmoiement dans ce livre, pas d'auto-apitoiement, pas de coupable à mettre au bûcher. Son mal semble presque logique quand elle l'évoque.
Un petit voyage très agréable dans la vie de Camille. On l'accompagne sur son parcours, comme une bonne copine à qui on a souvent envie de dire : "Comme je te comprends ! c'est exactement ce que je ressens !" même si on réagit différemment. Elle ne nous raconte pas sa maladie, mais sa vie, dont son mal fait partie.
D'ailleurs j'ai choisi cet extrait parce que ce sont presque mot pour mot les paroles qu'une de mes amies a prononcées très récemment (coucou toi !)
Je viens de passer une nuit blanche, incapable de lâcher ce bouquin - par ailleurs très court. Il paraît que les autres sont encore mieux, j'ai hâte de les recevoir ...
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25.09.2008
Changement de robe
Relookage du blog, le rose commençait à vraiment me sortir par les yeux !
21:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.09.2008
Photo réalisée dans une cabine agréée par le Ministère de l'Intérieur
Rentrée et nouvelles activités obligent, il est temps de refaire des photos d'identité.
Comme les photographes me ratent régulièrement, j'ai pris l'habitude de me tourner vers le photomaton. Là au moins on est tranquille, on peut faire des grimaces et avoir l'air un peu plus naturelle ...
Je n'avais pas refait de photo depuis les nouvelles directives liées aux passeports biométriques et tutti quanti.
Me voici donc devant la cabine. Première réflexion : "Tudieu ! 1 euro la photo, c'est pas donné ..."
Cependant il me faut ces photos, et comme c'est pour avoir une carte d'accès à l'arsenal, j'ai intérêt à ce qu'elles soient conformes aux directives du Ministère. Donc, je me glisse derrière le p'tit rideau.
Evidemment je passe 1/4 d'heure à remonter ce satané tabouret qui est descendu au minimum. Y'a encore des amoureux qui ont dû faire une photo à deux, la fille sur les genoux du mec ... une idée qui me fait sourire.
Une chose n'a pas changé dans les photomatons : le tabouret grince. Les boutons de sélection aussi d'ailleurs. Et l'appareil ne rend toujours pas la monnaie. Par contre, il accepte les billets de 5 euros. Grande avancée technologique !
V'là-t-y pas qu'il se met à me causer en me montrant des tas d'illustrations sur ce qu'il faut ou ne faut pas faire. Ce qui me fait rire, c'est la confidentialité : quelqu'un qui écoute ne sait pas du tout ce qu'on choisit, ni le montant qu'on paye. Elle cause à demi-mots, la machine, elle paraphrase ... je me paye un bon petit fou rire.
Je retiens l'information principale : "Faites la gueule sur la photo. Surtout, ne souriez pas !"
Ouais, super. Et puis il faut faire la photo de face aussi. Interdiction de choisir son meilleur profil, ou d'adopter cette petite inclinaison de la tête chère aux demoiselles et qui permet souvent de raccourcir le nez.
Bon, je suis prête, j'ai ma tête bien dans l'ovale, les yeux dans l'alignement des pointillés, je fais bien la gueule. Je clique et vois ma tronche apparaître. "Si cette photo ne vous convient pas, vous pouvez recommencer"
Un peu que je veux recommencer ! et plutôt 2 fois qu'une !
On a droit à 3
essais, au bout desquels il faut choisir la photo la moins moche. Je fais la gueule, j'ai des valises sous les yeux, un bouton sur le menton. La parfaite photo d'identité, quoi.
Au final, le rendu sera meilleur sur papier qu'à l'écran.
Au bas de la carte : "Photo réalisée dans une cabine agréée par le Ministère de l'Intérieur" Comme s'il était nécessaire de le préciser. Au vu de ma tronche on le devine tout de suite !
Cependant, je ressortirai ce soir les séries de clichés pris avec mes copines de fac, à l'époque où les photos étaient prises une par une. On faisait une grimace différente sur chaque photo, et toujours une "bien" où on souriait. On était 2, 3, 4 personnes sur ces photos.
Oui, ce soir je vais ressortir ces photos avec nostalgie, en songeant que ces délires sont devenus très onéreux. D'accord, il y a l'appareil numérique aujourd'hui. Mais ce n'est pas aussi marrant que de se tasser dans une cabine de photomaton en essayant de faire entrer 4 tronches dans le cadre !
13:58 Publié dans L'air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22.09.2008
Peut-être ...
C'est la réponse que je venais de faire à une amie me disant "à demain", quand elle m'a demandé "Pourquoi ?"
Pourquoi ?
Parce que c'est la réalité de la vie, rien n'est jamais acquis.
Parce que nul ne sait de quoi demain sera fait.
J'ai une collègue qui se sent mal chaque fois que je lui donne la mise à jour de mes personnes à contacter en cas d'urgence.
Moi je trouve ça normal, c'est naturel et ça ne fait pas de moi une angoissée de la vie.
Bien au contraire, cette conscience aigüe de l'instabilité des choses me pousse plutôt à une sorte d'insouciance. Je croque, je savoure chaque instant.
J'essaye de montrer mon affection à mon entourage, de dire à mes amis que je les aime. Il est hors de question de devoir vivre avec le moindre regret.
"Si j'avais su, je l'aurais appelé plus tôt ..." voilà la phrase que j'aimerais ne jamais prononcer.
Et pourtant, ça arrive. Encore il y a quelques semaines, alors que je tentais de retrouver une amie de lycée, j'ai appris son décès. Ca m'a fait de la peine, j'aurais tellement aimé la revoir et me souvenir avec elle de tous ces bons moments partagés !
Alors, ceux qui sont là, ceux qui m'entourent, j'en profite au maximum. Et puis j'essaye de réaliser chacune de mes envies sans remettre au lendemain. De ne pas me coucher sur mes colères non plus.
Face à la vie, il ne faut pas avoir peur car la peur empêche d'avancer. Il faut certes se méfier, être prêt à toute éventualité, mais sans se laisser arrêter par tout ça.
J'ai longtemps eu pour devise : "La vie est une salope, baisons-la avant qu'elle ne nous baise"
Aujourd'hui je suis moins radicale. Je me dis que la vie nous réserve autant de bonnes surprises que de mauvaises, et qu'il faut attraper tout le bonheur qui est à notre portée. C'est toujours ça de pris.
Profitons, prenons, croquons, et aimons.
20:50 Publié dans L'air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Chicons au gratin
... pour ceux qui ne comprendraient ni le ch'ti, ni le belge, il s'agit des endives au jambon.
C'est ce que je viens de manger avec délices.
Alors que je me souviens très nettement de cette époque où je n'aimais pas ça.
Et je me souviens pourquoi.
C'est tout bête, j'étais gamine, j'aimais bien ça et on m'a fait manger des endives qui étaient épouvantablement amères.
Quand on est gosse, l'amertume on aime rarement ça ...
C'est con, j'en ai conçu un tel dégoût pour les chicons au gratin qu'il m'a fallu des années et toute la force de persuasion de Maman pour que je daigne y revenir, du bout des dents, avec méfiance. Ce jour-là les endives n'étaient pas amères, et j'ai trouvé ça super bon. Youpi !
Maintenant que je suis vieille, j'aime l'amertume.
Euh pourquoi j'avais envie d'écrire sur les chicons au gratin au fait ? ben pour rien, comme ça, juste parce que c'est bon. C'est chaud, c'est juteux, fondant au milieu et croustillant à l'extérieur, parfumé, épicé ... voilà, je trouvais que les chicons au gratin méritaient une petite ode.
13:55 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
21.09.2008
Descente de la Laïta en kayak
6h, le réveil sonne.
Je saute de mon lit, amusée de constater comme il est plus facile de se lever aux aurores un dimanche matin pour aller faire du kayak, que d'ouvrir un oeil à 6h30 un lundi pour aller au bureau.
Comme chaque jour, je sors pour nourrir la chatte de la voisine qui trouve que les croquettes sont meilleures chez moi que chez elle. Brrr ça caille ce matin, je me vois mal passer la journée les fesses dans l'eau glacée.
Qu'à cela ne tienne, j'opte pour la combinaison. Moi qui hésitais sur la tenue vestimentaire à adopter, la question ne se pose plus ... combi néoprène, je n'aurai pas froid et serai à l'abri des coups de soleil.
Pique-nique paré, bien à l'abri dans sa double épaisseur de sacs plastiques, en route vers l'aventure ! Je passe prendre Nef qui a choisi la tenue la plus fonctionnelle qui soit : short et t-shirt. Je suis admirative, car je crois qu'il va avoir vraiment froid.
L'expédition est bien organisée : nous déposons la voiture à l'arrivée de la rando, et montons dans une navette qui nous emmène vers le point de départ. Il est 8h30, j'ai froid malgré la combinaison et le k-way, heureusement un café brûlant et des parts de gâteau nous attendent. Pourtant le soleil brille ... mais la prairie de départ est à l'ombre.
Voilà, nous avons nos bateaux, nos pagaies, nos gilets, ne reste plus qu'à embarquer. Quoi ? c'est d'ici qu'on embarque ? Hum ! un départ à l'américaine, alors ... j'avoue que je ne me sens pas fière, je n'ai pas envie de me faire tremper par ce froid.
Mais tout se passe bien, les organisateurs nous aident à partir tranquillou et je reste à peu près au sec. A peu près car les kayak côtiers que nous utilisons sont auto-videurs, il y a un trou au fond et contiennent toujours un peu d'eau.
Ah oui, le départ à l'américaine c'est quand on pose le kayak sur la berge, face à l'eau, et qu'on le fait avancer d'un coup de fesse pour le projeter vers la rivière. Plouf ! Il faut savoir que les kayaks côtiers que nous utilisons n'ont pas la coque fermée sur le dessus, on a donc tôt fait de chavirer à ce petit jeu.
Bref, tout se passe bien pour nous et nous remontons le courant vers la ligne de départ. Là-haut, enfin, nous trouvons le soleil qui va doucement nous réchauffer.
10h30, tous les kayaks sont à l'eau et nous prenons position derrière la ligne. "Reculez, reculez"
Ils en ont de bonnes ! La randonnée se faisant dans le sens du courant, les bateaux placés en première ligne se trouvent fatalement emportés sous la ligne de départ. Du coup nous reculons, attendons, pour devoir reculer de nouveau ... enfin le départ est donné.
Imaginez 390 kayaks, massés derrière la même ligne, prenant le départ d'une belle randonnée sous le soleil ! Un beau spectacle, plein de couleurs et de sourires.
Bon, moi je sourirai plus tard, quand j'en aurai fini de recevoir les coups de pagaie des voisins et de devoir changer de cap pour éviter ces petites emmerdeuses qui ne trouvent rien de mieux que de zizaguer alors que le passage se rétrécit.
Au bout de quelques centaines de mètres, le groupe s'étire et la navigation devient enfin agréable. A présent les petites emmerdeuses me font marrer. Nous croisons toutes sortes de participants. Je remarque beaucoup de canoës occupés par une maman et son enfant (mais où sont les papas ?!!!). Il y a les sportifs, avec les beaux bateaux effilés, les novices, souvent en canoë biplace, qui ont du mal à se coordonner, les randonneurs-loisirs, comme nous, qui tiennent un rythme tranquille, un canoë avec 3 cowboys dedans, un kayak qui arbore son drapeau pirate ...
Les heures passent, nous découvrons la Laïta. Beaucoup de demeurent me feront rêver.
Il fait un temps magnifique. Le soleil est au rendez-vous, il n'y a pas un seul nuage dans le ciel.
Une petite pause sur la rive nous permettra de constater à qule point le fond est vaseux. Nef a droit à une séance de bain de boue bien involontaire !
Je goûte régulièrement l'eau, constatant que son degré de salaison augmente au fil de la descente. C'est logique, nous descendons vers la mer ... mais je n'avais jamais eu l'occasion d'effectuer ce genre d'expérience, et ça m'amuse.
Au bout de 2 heures je n'en peux plus. J'ai une ampoule qui a éclaté, les muscles tout endoloris, et j'ai faim ! Qui plus est, le vent et les courants deviennent de plus en plus violents. Par moments nous filons très vite, emportés par la marée descendante, et à d'autres nous devons lutter pour avancer. Nous croisons de plus en plus de bancs de sable.
Enfin, voici le pont où nous allons pique-niquer ... et surtout profiter de la dégustation d'huitres et muscadet !
La pause nous fait beaucoup de bien, c'est rechargés à bloc que nous reprenons notre descente. Enfin, tout cool quand même. Les courbatures sont bien présentes.
De toutes façons, nous arrivons déjà au port. A notre grande surprise, il ne restait plus que quelques kilomètres à parcourir avant l'arrivée. Afin de prolonger le plaisir nous slalomons entre les bateaux de plaisance, pour regagner la plage "par le grand tour". Ouch ! nous voilà bien, il faut remonter contre la marée !
Après rinçage et séchage, un goûter bien réconfortant nous attend. Nous assistons à l'arrivée des randonneurs restants. Il y en a beaucoup, nous sommes assez fiers de constater que les derniers arrivent 1h30 après nous. D'ailleurs, les pauvres auront la malchance de s'échouer sur les bancs de sable. La mer est descendue, ils ne peuvent plus passer aux même endroits que nous.
16h, tous les bateaux ont fini de couvrir les 15 kilomètres de la randonnée. Les plus sportifs ont couvert la distance en 1h08. Les derniers auront mis 5h30, pause-déjeuner comprise.
Une belle balade que nous ne manquerons pas de refaire l'an prochain.
21:51 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : kayak, laïta, bretagne, quimperlé
19.09.2008
Plongée à Nemo 33 : réédition pour le réseau belgique
Plongée à Nemo 33
Mon amie Mel m’a fait un immense plaisir en me proposant ce baptême de plongée dans le bassin de 35m de Bruxelles. Encore un vieux rêve sur le point de se réaliser, un beau moment à partager avec une amie que j’aime.
Arrivées au centre Nemo 33, nous découvrons immédiatement ce qui nous attend par les hublots donnant sur l’intérieur de la fosse à plongée.
Notre instructeur nous explique alors que nous nous trouvons à peu près à 4,00m de profondeur. En levant la tête, nous pouvons voir les mouvements des mamies qui suivent leur séance d’aquagym. En la baissant, nos regards plongent vers les profondeurs. Impossible de voir le fond de la fosse depuis l’endroit où nous sommes, elle n’en est que plus impressionnante.
Autour d’un verre, nous suivons attentivement les instructions, en essayant de mémoriser les gestes qui nous serviront à communiquer sous l’eau. C’est important, il ne faut rien oublier. Et c’est bien ce qui m’inquiète. Il ne faut rien oublier.
Passée la séance d’essayage de palmes, masque et gilet, nous voici dans l’eau. La bouteille pèse lourd sur nos épaules, heureusement que le gilet gonflable permet de nous délivrer de la pesanteur. Nous apprivoisons la respiration en bouteilles par des exercices progressifs. On m’avait dit qu’au début on avait tendance à respirer très vite de peur de manquer d’air, ce n’est pas notre cas. Sans doute parce que ni l’une ni l’autre n’avons d’appréhension de l’eau, bien au contraire.
A présent nous apprenons à nous stabiliser sous l’eau à l’aide du gonfleur du gilet. S’il est trop gonflé, le gilet nous fait remonter verticalement vers la surface. Mais s’il est vide nous sommes écrasées au sol par le poids des bouteilles – écrasées étant un bien grand mot, mais suffisamment imagé pour comprendre l’utilité de ce gilet. En bref il nous permet de nager entre deux eaux sans trop d’effort.
Je vois Mel évoluer tranquillement alors que je tente désespérément de nager en ligne droite, sans cesse déséquilibrée par ma bouteille. En sortant, j’aurai confirmation de ce que je suppose à cet instant : mon gilet est légèrement trop grand, ce qui fait que la bouteille se balade un peu en me déséquilibrant. C’est pas grave, je trouve ça rigolo. Tout comme de devoir vider mon masque toutes les 2 minutes. L’instructeur nous a très bien expliqué comment faire tout-à-l’heure, aucun soucis.
Nous descendons tranquillement, nous voici au niveau des hublots. Un petit coucou à la salle de restauration où nous nous trouvions à notre arrivée. Quelle douce sensation que d’observer ces gens habillés, soumis à la pesanteur terrestre, en train de manger et de boire quand nous évoluons tranquillement dans ce monde aquatique que j’aime tant ! L’envie me prend de leur jeter des cacahuètes. « C’est nous qui sommes libres, et eux qui sont en cage », me dis-je à cet instant précis.
- 5 mètres.
La plongée est censée s’arrêter là. Mais il semble que nous nous débrouillions plutôt bien et comme nous faisons sans cesse le signe que tout va bien, notre instructeur nous fait descendre encore.
En réalité, je ne me sens pas si bien que ça. J’ai par instants la sensation que je vais tomber dans les pommes et j’ai même hésité un moment à demander à remonter. Mais j’ai appris il y a quelques années à gérer mes évanouissements et ça fonctionne aussi en plongée. Le tout est de ne pas paniquer.
Et comme je ne panique pas, le malaise s’éloigne, me permettant de poursuivre la descente jusqu’à – 10 mètres et de visiter les 2 grottes artificielles. « C’est beau ! » s’exclame Mel. Je me dis qu’elle parle de l’ensemble de l’expérience car les grottes en elles-mêmes ne sont pas des chef-d’œuvres. Mais le moment est effectivement exceptionnel.
Dans ces grottes, nous pouvons respirer à l’air libre. Se dire que nous nous trouvons dans une poche d’air à 10 mètres sous la surface de l’eau a quelque chose de réellement grisant. Je me sens à ma place. L’instructeur nous propose d’aller voir le gouffre. Nous allons alors nous allonger au bord de cette immense fosse et observer le fond, 25 mètres plus bas. J’ai envie d’y aller. C’est mon élément ; je suis bien, ici.
Nous nous trouvons alors à 10,20 mètres sous la surface de l’eau. Tout est lent et silencieux. L’eau est chaude…
Mais il est temps de remonter. Mes oreilles, qui ont bien supporté la descente grâce aux Valsalvas réguliers, protestent contre la remontée. Je sens que l’oreille gauche mettra quelques jours à s’en remettre. Un palier de 3 minutes à -5 mètres, c’est fou comme le temps passe vite sous l’eau quand on observe les gens de l’extérieur par les hublots !
N’étant pas obligée de regarder le moniteur sans arrêt pendant ce temps, je peux faire coucou à Mel et voir son regard tout pétillant. Je me marre aussi à voir ses cheveux dressés sur sa tête, comme des algues vivantes. Je me doute que les miens sont dans le même état.
Derniers coups de palmes, nous voici de nouveau à l’air libre. 26 minutes, c’est trop court. Nous commencions tout juste à nous sentir vraiment à l’aise …
C’est dans un état de détente totale qu’on sort du complexe. Pour ma part j’aurais volontiers nagé quelques longueurs, le temps de graver un peu plus profondément le souvenir dans mon corps et mes souvenirs, mais Nemo n’est pas un bassin de nage. Alors tant pis. De toutes façons il y aura maintenant d’autres plongées, de plus en plus belles. C’est une certitude pour Mel comme pour moi, et l’instructeur en est ravi.
11:59 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.09.2008
Mon dernier coup de foudre
La première fois que je l'ai vu, il ne m'a pas séduite. Je le trouvais même un peu superficiel.
Nous étions à la montagne, et ça m'a fait sourire de constater que l'une de mes compagnes de chambre était venue avec lui.
Et puis, après l'avoir côtoyé pendant une semaine j'ai dû finir par admettre que sa présence était bien agréable. Il fallait voir comme elle le chauffait avant de le laisser glisser ses doigts doucement dans ses cheveux qui alors devenaient tellement lisses, tellement doux ...
Il ne faisait pas de bruit, se contentant d'être présent et efficace.
Puis je l'ai oublié.
Il a de nouveau croisé ma route quelques semaines plus tard, entre les mains expertes de ma coiffeuse. Mais cette fois c'est dans mes cheveux qu'il est venu se glisser et j'ai été conquise.
Il a réussi à mater mes cheveux rebelles et m'autorise le petit carré strict de mes rêves que seuls un brushing expert et des tonnes de produit disciplinant me permettaient de conserver quelques heures. Depuis qu'il est entré dans ma vie, mes cheveux restent en place et je me sens jolie. J'ai perdu cette impression de ressembler à Bozo le clown au moindre coup de vent.
Oui vraiment, mon lisseur est un des meilleurs investissements de 2008 !
Merci, compagne de chambrée, de me l'avoir présenté ;-)
13:50 Publié dans L'air du temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.09.2008
Balade en amnésie
Quand j'étais petite, j'ai perdu mes jambes.
OK, dit comme ça c'est surprenant. Bon, quand j'avais 9 ans j'ai déclaré une maladie à la con. J'ai commencé à perdre des forces, gros stress pour tout le monde, bla bla bla ... bref j'ai déclaré une maladie grave. Une maladie orpheline.
Et un jour, à force de perdre des muscles je n'ai plus su marcher.
Bon, aujourd'hui ça va hein ! ça va même super bien ! me suis sortie de cette merde.
Justement, j'en suis tellement sortie que je vois. Je vois tout ce que j'ai occulté. Je vois, et j'entends.
Ce weekend, un vieil ami de mes parents m'a parlé de cette époque lointaine où je suis tombée malade. Il m'a dit sa peur, sa souffrance et son admiration devant mon combat.
Moi, j'ai simplement été surprise de découvrir qu'il en avait été touché. Surprise de découvrir que mon univers n'était pas aussi limité que je le croyais à l'époque. Surprise d'apprendre que cette aventure avait eu de l'influence sur les vies d'autres personnes, bien en-dehors du petit cercle que je croyais avoir seul été touché.
Pourquoi n'avoir pas vu ? Simplement parce que le sentiment de culpabilité pèse très lourd sur les épaules d'une enfant de 9 ans. On a beau vous dire : "C'est pas ta faute si t'es malade", c'est plus compliqué que ça à gérer quand on voit ses parents inquiets et tristes. On se sent responsable de ce qui arrive.
Et puis, il y a des regards qui sont insupportables. Plus que tout, on redoute la pitié. Parce que la pitié est une condamnation, or on sait qu'on n'est pas condamné.
Alors, on préfère se dire que les autres en-dehors du cercle proche n'ont, eux au moins, pas à souffrir de la situation. Et on réduit le cercle proche. On le réduit jusqu'à soi-même. On réduit l'univers à son propre nombril, pour ne pas imaginer que l'on peut causer de la peine à quelqu'un d'autre et aussi pour ne pas avoir à croiser les regards.
Aujourd'hui, je vois et j'entends. Entendre ce que cet ami cher avait à me dire m'a beaucoup touchée. J'ai eu l'impression qu'il avait besoin de me dire tout ça pour admettre lui aussi ma guérison. Pour guérir avec moi. Et puis, ça m'a rappelé également autre chose : oui, j'ai eu un truc super grave et j'ai mené un super combat. Et j'ai le droit d'écouter les gens me dire "Chapeau !" sans éluder le sujet, j'ai le droit d'accepter ces compliments avec le sourire même si je sais que je n'ai fait qu'écouter mon instinct de survie.
J'ai compris que ce que je prenais pour de la pitié n'était que compassion teintée d'admiration.
J'ai le devoir d'écouter ce que certaines personnes ont à me dire, parce qu'elles ont besoin de l'exprimer. Parce que finalement, cette chose a fait du mal autour de moi et des gens ont été marqués. Ce n'est pas ma faute, c'est ainsi.
Et c'est bon d'être en mesure de le faire.
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