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  • Scène ordinaire de la vie ordinaire

    Je traverse le mail du centre commercial pour gagner la sortie en poussant mon caddie. Je regarde vaguement la faune qui s'agite autour de moi, autres zombies poussant leurs propres caddies en ruminant leurs préoccupations personnelles.

    Une scène me fait sortir de ma torpeur : une famille qui a trouvé un petit garçon errant dans le mail et le dépose, tout apeuré, dans les bras de son père. Ledit papa remercie chaleureusement les gens qui s'éloignent.

    Avant de coller une fessée à son fils de 3 ans.

    Avec son gros manteau d'hiver, le môme ne doit pas avoir grand mal. Et de toutes façons la correction est méritée. Sauf qu'il ignore le pourquoi du comment, que son père ne prend pas la peine de lui expliquer.

    Arrive la maman, derrière un gros caddie qui a l'air bien lourd pour une jeune dame aussi frêle.

    Les parents commencent à s'engueuler. "Moi je l'ai vu partir, je croyais que tu le regardais !", s'écrie la mère. "Et pourquoi je l'aurais regardé ?", rétorque le père.

    C'est vrai ça, pourquoi le père aurait-il surveillé son gosse de 3 ans qui était à 50cm de lui alors que la mère était à 10 mètres de là, poussant le caddie et faisant la queue au traiteur de la galerie ? On se le demande !

    Vexé, le père se venge sur le gosse qui prend une nouvelle fessée, toujours sans comprendre. Il comprend d'autant moins que le père lui caressait les cheveux 30 secondes avant ... avant que son orgueil de mâle se trouve égratigné.

    J'atteins enfin la porte de sortie. J'étouffe, c'est malsain ici. Mais le couple sort également et poursuit son engueulade à cor et à cris sur le parking. Je jette un oeil de temps à autre en vidant mon caddie, de peur qu'il lui tape dessus car c'est ce que suggèrent leurs hurlements.

    Au final il lui criera de remonter dans la voiture et démarrera en trombe.

    Même s'il n'a pas levé la main sur elle en public, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle va prendre ce soir, dans tous les sens du terme. Le gamin, je ne pense pas. C'est un garçon, et si le père a fait sa crise d'autorité mâle en pubic il ne manquera pas d'avoir l'attitude inverse à la maison.

    Et je me demande ce qu'on peut faire dans un cas pareil. On n'a vu qu'une engueulade dans laquelle il eût été mal venu d'intervenir. Malgré la certitude que cette femme n'est pas heureuse, il n'y a rien à faire. C'est à elle de prendre son destin en main.

     

    Je rentre à la maison en me disant une fois de plus qu'on est vraiment mieux seule que mal accompagnée. Je n'en ai jamais douté, mais ce soir cette pensée prend une nouvelle dimension.

  • Jerk

    JERK est une reconstitution imaginaire étrange, poétique, drôle et sombre des crimes perpétrés par le serial killer américain Dean Corll, qui, avec l'aide de deux adolescents, David Brooks et Wayne Henley, a tué plus d'une vingtaine de garçons dans l'état du Texas au milieu des années soixante-dix. Dans la pièce, David Brooks purge une peine à perpétuité. En prison, il apprend l'art de la marionnette qui lui permet en quelque sorte de faire face à ses responsabilités quant à sa participation aux crimes.
    La violence et l'humour du texte obligent à une représentation où l'éclat de la violence transparaît. Ce solo pour un marionnettiste réinterroge sans cesse les liens entre fantasmes et réalité et mêle sans complexes sexualité et violence.

    Créé en collaboration avec et interprété par JONATHAN CAPDEVIELLE

     

    Le public n'entre pas dans la salle par la porte habituelle. Intriguée, je cherche mes repères en regardant autour de moi avant de comprendre que les bancs des spectateurs ont été posés sur la scène. Nous nous trouvons à 5 mètres d'un jeune homme assis sur un tabouret, prostré.

    Le jeune homme se présente."Bonjour, je m'appelle David, je vais vous raconter une partie de ma vie d'adolescent drogué psychopathe".

    Puis de nous présenter ses marionnettes, qui incarneront ses 2 complices, et de préciser qu'il interprètera sa propre marionnette.

    La scène commence par un viol nécrophile joué par les marionettes à grands renforts de bruitages de bouche. Imaginez le bruitage d'un fist-fucking ... "chouik-chouik-chouik" ... La malaise du public est presque palpable. Et la scène dure, ça dure, ça dure jusqu'à l'insoutenable. On a envie de soupirer de soulagement lorsqu'enfin la marionette se redresse. Ah non, elle change juste de main. Et ça recommence.

    Enfin ça bouge, ça parle, dissipant l'impression de gêne du public. Que de folie et de violence dans ces personnages qui trouvent "sexy" de tuer des gens en les torturant - nous apprendrons aussi que les victimes sont consentantes, victimes du même délire morbide que leurs bourreaux.

    Silence. Le marionnettiste est en train de rouler une pelle à une autre marionnette. Là encore, la scène s'intalle dans la longueur, le spectateur est poussé jusque dans ses derniers retranchements. C'est à la fois insupportable et fascinant.

    Je me dis qu'il n'y a pas d'acteur sur scène, que c'est bel et bien David qui est là, en train de nous raconter les meurtres qu'il a réellement commis. Je ne peux pas concevoir l'idée que ce soit un acteur. On ne peut pas jouer aussi bien. C'est lui, c'est forcément lui.

     

    Deuxième acte

    David a posé ses marionnettes. Il bave, les yeux dans le vague.

    Nous entendons les voix des protagonistes, sorties de nulle part. Nous entendons la scène qui se déroule dans la pièce d'à côté. Du moins c'est ce que nous pensons.

    Mais comment est-ce possible ? Les lèvres de David ne bougent pas d'un millimètre et il ne porte pas de moustache, contrairement à beaucoup de ventriloques.

    La scène est aussi réelle que si elle se déroulait sous nos yeux, et pourtant nous ne faisons qu'entendre les voix. Il n'y a même pas de narration, juste le dialogue des personnages.

    Je me suis laissée embarquer ... à quel moment d'ailleurs ? quand cet univers de violence a-t-il cessé de me déranger ? quand ai-je commencé à comprendre cette folie, à l'intégrer comme normale et admissible ?

     

    Jonathan Capdevielle a réussi le véritable tour de force de disparaître derrière le personnage de David Brooks. Il faut sans doute beaucoup d'humilité pour parvenir à un tel résultat. D'ailleurs nous hésiterons même à applaudir, non que ce ne soit pas mérité mais simplement parce que justement, peut-on applaudir un psychopathe pour nous avoir raconté ses méfaits ?

    Qui plus est c'est un formidable marionnettiste et ventriloque.

     

    Je sortirai de là aussi malade qu'après avoir vu Orange Mécanique.

    Mais heureuse d'avoir découvert un grand, grand artiste.

    Lien permanent Catégories : Culture
  • Vicky Christina Barcelona

    Christina ne sait pas ce qu'elle veut, mais elle sait ce qu'elle ne veut pas.

    Christina ne veut surtout pas de ce à quoi Vicky tient tellement : une petite vie étriquée avec un fiancé étriqué, des "sentiments" pré-établis, suivre les sentiers battus ...

    Christina enchaîne les relations à la con, elle met ses sentiments en péril et souffre à chaque fois mais au moins elle vit. Elle ne s'ennuie pas, elle ne s'enferme pas. Cependant sa quête semble sans fin.

    Lorsqu'à Barcelone, un peintre annonce aux deux jeunes femmes qu'il les désire toutes les deux et leur propose de passer un weekend avec lui, leurs certitudes vont vaciller. D'autant qu'il est réputé pour son histoire sulfureuse, passionnée, brutale, avec son ex-femme dont il semble toujours amoureux. Vont-elles le suivre ?

     

    Vicky Christina Barcelona, c'est le dernier film de Woody Allen.

     

    Christina, c'est moi :D

    Lien permanent Catégories : Film
  • Laïta 2008 - les photos

    Un photographe a eu le gentillesse de m'envoyer ce lien après avoir lu mon article : tekni-photos

    Ce ne sont ni plus ni moins que les photos de cette belle journée sur la Laïta. Le jeu consiste à me trouver dessus, pas difficile pour qui me connaît bien !

    Lien permanent Catégories : Sport
  • Sécurité routière

    Je suis sidérée.

    Non pas par le montant de l'amende encourue pour la non-possession du gilet fluo et du triangle de signalisation, ceci est un autre débat, mais parce que je ne comprends pas qu'une loi soit nécessaire pour obliger les gens à acheter ce matériel.

    C'est une telle évidence ... enfin je ne sais pas, moi j'ai un triangle dans ma voiture depuis plus de 10 ans. Je l'ai acheté parce que ça me semblait essentiel. Le gilet je l'ai pris 1 ou 2 ans après, parce qu'à l'époque ça coûtait 1 euro et je trouvais ça utile d'en avoir un dans sa voiture. Sans penser à l'accident, en cas de panne c'est aussi une sécurité.

    J'ai acheté ces trucs-là après être passée sur le lieu d'un accident. Je me suis demandé comment je réagirais si j'étais témoin d'un crash et j'ai réalisé que je n'avais pas le matos élémentaire pour baliser les lieux, donc je suis allée l'acheter. C'était si ... évident, oui je me répète mais je n'ai pas d'autre mot.

    Alors oui, d'accord, payer le même prix que pour un feu rouge grillé c'est choquant.

    Mais je trouve tout aussi choquant de constater que nombre de personnes n'aient pas la présence d'esprit d'avoir ce genre de chose dans leur véhicule si la loi ne les y oblige pas.

    Là, c'est dit !

    Lien permanent Catégories : Humeurs