15.04.2009
1ère plongée en mer
Quand j'étais petite, je voulais plonger avec le Commandant Cousteau. Caméraman scaphandrier, ça m'aurait vraiment plu comme métier. Mais la vie en a décidé autrement et il aura fallu des années et la force de persuasion de mon amie Mel pour qu'au final je me mette à plonger malgré la déception de ne pas avoir pu en faire mon métier.
Après des mois de formation en piscine, voici donc le grand jour arrivé : ce soir, on plonge en mer !
Avant de me rendre au local du club je regarde le temps en pensant que la sortie va sûrement être annulée ... il pleut, il fait froid ... la visibilité va être de l'ordre du zéro. Pourtant non, la sortie est maintenue. Et pour cause, en Bretagne la visibilité est toujours de l'ordre du zéro donc on ne va pas se laisser arrêter par un peu de pluie.
Nous y voilà : choix du matériel et inscription des numéros des éléments empruntés sur le registre. Vérification de la pression des blocs, du fonctionnement du détendeur. Tous ces contrôles sont un peu stressants car ils rappellent que la plongée demeure un sport à risque. Arrivés à la plage, enfilage de ces satanées combinaisons.
Je crois que le moment le plus désagréable dans la plongée est bien cet enfilage. Grrrrrrrrrr. Le néoprène accroche mais ne glisse pas. Et comme les combi sont très ajustées, c'est une vraie galère à enfiler. Surtout quand il pleut et que la peau humide glisse encore moins qu'à l'habitude. Une fois engoncés dans cette peau de caoutchouc, il faut encore s'accrocher sur les reins une ceinture de plombs qui va vous niquer le dos, et enfiler la stab avec la bouteille de 15 kgs qui vient vous arracher les épaules.
Avec tout ça, vacillant sous les poids et les palmes à la main reste l'épreuve de l'escalier de pierres humides qu'il convient des descendre pour arriver à la plage. Bah oui, la première fois on part de la plage. Ensuite, comment enfiler ses palmes sans se vautrer ? Euhhhhhhh ....... en demandant l'aide de ses coéquipiers.
Voilà, c'est parti, on entre dans l'eau à reculons pour ne pas être trop embêtés par le ressac (qui fait bien chier quand même en creusant le sable sous les talons). Ouh ! l'eau n'est pas chaude mais la combi remplit rapidement son office isolant.
Par bonheur, on perd pied au bout de quelques pas. Et dès qu'on flotte on ne sent plus ni le poids du bloc, ni celui de la ceinture de plomb. En quelques coups de palmes nous atteignons une profondeur de 4 mètres et nous apprêtons à nous immerger. Le moniteur nous fait les signes d'usages, nous répondons et c'est parti pour le Grand bleu (enfin le grand gris en l'occurence).
Au terme d'une descente sans encombre, je touche le sable tout doux. Le moniteur allume sa lampe, et c'est le début d'une féérie qui va durer 30 minutes. C'est que ça grouille là-dessous ! ça court dans tous les sens ! J'ai pourtant nagé sous l'eau plus d'une fois dans ma vie, en apnée, mais jamais je n'ai eu le plaisir de contempler toute cette vie, ces petites bêtes affairées qui filent dans la lumière.
Se mouvoir doucement, sans essoufflement, sans devoir remonter respirer, quelle liberté ! Le moniteur désigne du doigt une masse sombre. Nous nous approchons d'un coup de palme. Il allume sa lampe, et c'est une explosion de couleurs ! La masse sombre était un rocher couvert d'algues, d'oursins, de coquillages qui se révèlent sous la lumière. Un poisson nous file entre les jambes. Un peu plus loin, un autre sort du sable sous lequel il se cachait. Fascinée j'observe de quelle manière il se cache sous le sable pour en jaillir au moment le plus inattendu.
Je réalise que je souris derrière mon détendeur.
Mais un coup d'oeil à mon manomètre me confirme qu'il est temps de remonter ...
Après ce moment d'intense bonheur, c'est de nouveau la galère. Une crampe dans le mollet rend mon retour jusqu'à la plage particulièrement pénible. Puis, de nouveau, le poids du matériel sur les épaules. Mais pourquoi paraît-il plus lourd au retour qu'à l'aller ? Retirer les palmes. Monter l'escalier. Argh ! Monter l'escalier ... Une fois à la voiture, retirer la combinaison et enfiler les vêtements alors qu'on est tout collants d'eau de mer. Retourner au local. Rincer le matériel. Désinfecter les détendeurs. Enfin, noter le retour du matériel sur le registre.
Beaucoup de contraintes pour un court moment de plaisir ... et pourtant ma seule hâte est d'y retourner, malgré les courbatures du jour.
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Commentaires
Qui aurait cru que le spectacle puisse être aussi beau que tu le décris, au bout de nos plages par un temps si mauvais. Mais c'est vrai que sous l'eau, la pluie et la grisaille n'ont plus grand importance. Quoique par un grand soleil, les choses auraient peut-être été différentes non ?
Ecrit par : Thomas | 15.04.2009
Hé, oui !! Ma chérie !! Tout plaisir se mérite...et voilà la belle récompense de tous ces efforts..!! et malgrés tout on n'a qu'une envie....recommencer, pour le plaisir !! Je te souhaite encore beaucoup de belles découvertes !!
Ecrit par : Nicolle | 18.04.2009
Salut Kwoll,
Félicitation pour ce "challenge".
J'ai pris mon 1er bain en avril dans une eau a env12° (en maillot) c'était déjà assez "vivifiant". Mai par 2° extérieure, c'est assez fort!!!
Ecrit par : Jurasik | 23.05.2009
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